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12 septembre 2009

Historique des consoles: Nes (partie 2)

Décollage

Tout comme l'AVS l'année précédente, la NES, prête à la commercialisation américaine, suscite lors de son apparition au CES d'été 85 des réactions plutôt tièdes. Le président de Nintendo of Japan, Yamauchi, connu pour son entêtement, ne perd pas confiance pour autant, et ordonne une phase de test marketing. La console est lancée dans la seule ville de New York, afin de tester les réactions du public. Pour le moins rétifs au départ, les magasins de jouets New-Yorkais vont, dans les mois qui vont suivre, se mettre peu à peu en contact avec Nintendo, le premier étant Toys'R'us en Octobre 85. Des kiosques d'exposition de la console y sont installés, invitant les passants à l'essayer. Dans les semaines qui vont suivre, la console se répandra un peu partout dans la ville, et au final ce seront 50.000 exemplaires vendus qui donneront à Nintendo la confirmation que le succès est possible. D'autre villes comme Los Angeles ou Chicago sont ainsi testées, des publicités télévisées sont diffusées, et le lancement dans tous les USA est finalement décidé pour Juillet 1986, assuré par un budget de 50 millions de dollars. Avant la fin de l'année, un million de NES sont vendues aux USA, chiffre qui grimpera à 2 millions en 1987 et 5 millions fin 1988.

En Europe, la NES arrive fin 86. Nintendo of America en a confié la distribution à Mattel, qui prend un peu l'affaire par dessus la jambe et informe mal le public et la presse : la NES et la Sega Master System sont ainsi perçues par le public européen comme deux choix potentiellement équivalents, ce qui permettra à Sega de grapiller d'encourageantes parts de marché. Ainsi trouve-t-on aujourd'hui (dans les milieux autorisés) de nombreux joueurs français qui ont, à l'époque, opté pour la console de Sega sans se douter que la NES était la star incontestée dans son pays d'origine. Sans ce malentendu, personne ne peut dire si Sega aurait persisté dans la fabrication de consoles, tant Nintendo à dominé les choses par la suite.


famicdisk
Une Famicom posée sur le Famicom Disk System : Une arme redoutable pour vendre les jeux à bas prix et maintenir les joueurs en effervescence. Seuls les Japonais auront le plaisir de s'en servir.


Pendant ce temps au Japon, la Famicom continue son ascension fulgurante. Adultes comme enfants se l'arrachent dans les "Famicom shops". Ce qui n'était qu'un simple produit est devenu un concept commercial très porteur et déclinable sous de nombreuses formes, dans lequel toute l'industrie japonaise du loisir électronique est prête à s'impliquer. Le jeu Super Mario Bros (sorti en Septembre 83), créé par Shigeru Miyamoto (père de Donkey Kong et futur designer-phare chez Nintendo) a montré une nouvelle voie créative qu'ont suivi de nombreux éditeurs (Hudson soft, Konami, Capcom, Bandai...). Le PDG de Nintendo, Hiroshi Yamauchi, finit par accepter que ces sociétés développent des jeux Famicom, mais le contrat est redoutablement strict : Nintendo contrôle (d'une main de fer...) le contenu des jeux et leur rythme de sortie, touche des royalties sur chaque exemplaire vendu, s'assure l'exclusivité NES sur toute la production de l'éditeur concerné, et fabrique toutes les cartouches. De telles conditions paraissent aberrantes de nos jours, mais elles s'expliquent à l'époque par le fait qu'entre 1984 et 1986 la Famicom représente 85% des parts de marché au Japon, et ses jeux sont pour la plupart assurés de se vendre à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires, pour un coût de développement assez faible.

Nintendo lance en Février 1986 le Famicom Disk System, un périphérique permettant de lire via le port cartouche des jeux stockés sur disquettes. Des "Disk Writers" sont même implantés un temps dans les Famicom shops : il s'agit de bornes dans lesquelles il est possible de charger, contre des sommes misérables, des jeux sur des disquettes (dans des versions identiques à celles sur cartouche). Le procédé sera rapidement abandonné en raison de la grogne légitime qu'il provoque chez les revendeurs, mais contribuera à renforcer la position dominante de la Famicom dans son pays. A la place, Nintendo misera sur les Famicom Disk Fax, des bornes comparables aux Disk Writers, mais ne servant qu'à communiquer à Nintendo des scores enregistrés sur les disquettes des jeux. Le but est d'organiser des concours à l'occasion desquels Nintendo distribue d'innombrables récompenses sous la forme de petits cadeaux divers. Les joueurs sont ainsi stimulés et forment peu à peu une communauté. Encore une fois l'idée est innovante, ludique et réjouissante, l'investissement minimal, le risque quasi-nul et le gain substanciel : c'est du Nintendo pur sucre, et le cas fera école par la suite.

 

La clé du succès : les jeux

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Exemples de jeux NES : Bionic Commando et Rampage.

Si la Gamecube, console Nintendo du troisième millénaire, à été voulue d'une puissance phénoménale par ses concepteurs, il n'en est pas de même pour la NES, dont le chiffre le plus en vue sur le cahier des charges des développeurs est le prix de vente. Il faut dire que la console arrive sur un marché mourrant, et qu'il s'agit d'en écouler le plus possible pour relancer toute une mécanique. Ainsi, le hardware de la NES est équivalent en puissance à celui du Commodore 64, un micro-ordinateur ayant atteint l'âge canonique de deux ans d'exploitation commerciale au moment où la NES sort, donc déjà sur la voie de l'obsolescence. Elle peut afficher une résolution de 256x230 en 16 couleurs, 16 sprites simultanément et possède 2 Ko de mémoire vidéo. Quant au son, il s'avère plus prometteur avec ses 5 voies monophoniques. Ces spécifications plutôt chiches ne l'empêcheront cependant pas, grâce à des extensions contenues dans certaines cartouches de jeux, de proposer des jeux de bonne qualité auxquels on peut encore prendre du plaisir à jouer aujourd'hui (la NES est parfaitement émulée sur PC et il est très facile de s'en procurer une avec des dizaines de cartouches), des adaptations de jeux d'arcade correctes, et des titres phares qui n'ont pas quitté le catalogue Nintendo depuis.

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Flight of The Intruder et Super Mario Bros 3.

Il faut dire que contrairement à Atari, Mattel et Coleco, Nintendo n'a jamais vu d'un mauvais œil le développement, par des sociétés diverses (ce qu'on appelle des éditeurs tiers, ou "third party editors" en anglais), de jeux pour leur console, ce qui a entraîné une concurrence bénéfique pour le nombre et la qualité des jeux, et pour Nintendo qui s'est enrichi sur chaque jeu vendu même sans en être à l'origine grâce à l'obligatoire label de la marque figurant sur le produit. Au total, en 1994, dernière année d'exploitation de la NES, le nombre de jeux disponibles atteint 140.
 

L'Age d'or

Fin 1987, la NES est un phénomène d'ampleur mondiale, malgré l'absence aux USA et en Europe du Famicom Disk System et de tout le travail promotionnel qu'il permet. La demande est plus importante que l'offre, ce qui entraîne une hausse des prix, surtout pour les cartouches de jeux. La NES à fait entrer les jeux vidéo pour consoles dans une ère nouvelle. Les précédentes consoles avaient habitué les joueurs à des graphismes simplistes, et des jeux répétitifs dont l'intérêt se résumait la plupart du temps à essayer de battre un score. Avec l'apparition de jeux tels que Legend of Zelda, Metroid ou Super Mario Bros 1, 2 et 3, les joueurs ont un défi à relever qui dépasse la simple épreuve de réflexes, peuvent s'identifier au héros qu'ils commandent, et suivre un scénario passionnant, découvrant de nouvelles choses de longs mois après les premières parties. Les jeux ont un fil conducteur, un début, une fin et un générique comme des films. De plus, la NES est la première console à proposer la sauvegarde des parties (à partir de 1987). En définitive, même si elle s'adresse ouvertement aux plus jeunes de par son marketing, elle s'avère dans les faits beaucoup plus apte à satisfaire les joueurs exigeants de tous âges que les consoles précédemment sorties.

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Legend of Zelda et Shinobi.

Pendant la période 87-88, apogée de la NES, les enfants, dont Nintendo fera sa cible principale, vont vivre une véritable histoire avec leur console, les images des jeux continuant de remplir leur monde intérieur même en dehors des heures passées devant l'écran. Les publicités pour la console résument alors bien le phénomène : "Avec la NES, vous mangez Nintendo, buvez Nintendo, dormez Nintendo, vous êtes Nintendo !". Ce succès monumental et surtout très durable permettra à Nintendo de réagir sereinement lors du passage de Sega à la technologie 16-bits. La Megadrive sort ainsi fin 88, et la Super NES fin 90. Dans l'intervalle, c'est la Famicom / NES qui assure la supériorité de Big N et le soutien des éditeurs tiers, qui entre temps sont passés du statut d'"indésirable" à celui de donnée commerciale prépondérante.

4player powglove hypershot maxpad
Le NES Satellite (module 4 joueurs) et des systèmes de contrôle expérimentés sur NES (Powerglove, Hypershot et Max Pad) qui n'ont guère connu le succès.

source: gros pixel.com

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